Naissance des États pontificaux

L’intervention franque en Italie

Au milieu du VIIIe s., la papauté est en difficulté. En condamnant l’iconoclasme, Grégoire II (r. 715-731) et Grégoire III (r. 731-741) s’aliènent les empereurs byzantins qui en sont les promoteurs. À cette époque, la conquête lombarde connaît une nouvelle accélération ; une étape décisive est franchie avec la conquête de l’exarchat de Ravenne en 751 (si vous avez raté cet épisode, allez-voir cette carte).

Alors que le roi des Lombards, Aistulf (r. 749-756), tourne son attention vers Rome, la papauté se tourne vers les Francs, avec lesquels elle noue une alliance solide et durable. Le pape Zacharie (r. 741-752) délie les Francs de leur serment, ce qui permet à Pépin le Bref, maire du palais, de devenir roi des Francs (r. 751-768). En 754, son successeur, Étienne II (r. 752-759) se rend à Saint-Denis, oint Pépin et sa famille (action considérée a posteriori comme le premier sacre) et signe un traité d’alliance par lequel Pépin s’engage à lui remettre les territoires récemment conquis par les Lombards (première donation de Pépin).

À l’issue d’une première campagne, Aistulf s’engage à restituer les territoires en question. À peine Pépin a-t-il franchi les Alpes que les Lombards assiègent Rome. En 756, Pépin mène une nouvelle campagne contre les Lombards. La victoire franque donne lieu à une nouvelle donation mais, cette fois, Pépin veille à la remise effective des villes.

Le problème lombard est définitivement réglé par Charlemagne (r. 768-814), qui conquiert purement et simplement le royaume des Lombards en 774. À cette occasion, il renouvelle les donations de Pépin. Par la suite, il procède à de nouvelles donations.

Avec les donations des rois francs, le pape devient un souverain temporel qui est définitivement sorti de l’orbite de l’Empire byzantin. Malgré de nombreuses vicissitudes, les États pontificaux traversent le temps jusqu’à la conquête de Rome par l’Italie en 1870. Le couronnement impérial de Charlemagne en 800 marque l’apogée de l’alliance entre la papauté et les rois francs, mais il met aussi en évidence son ambiguïté : Charlemagne va y chercher un renforcement de son pouvoir en lui donnant un caractère sacré, tandis que la papauté désigne son bras armé et le défenseur de l’Église.

Cette carte a été élaborée comme support des cours sur l’histoire du christianisme et des formations sur l’orthodoxie à l’Institut européen en sciences des religions.

Projection projection conique conforme de Lambert
Parallèles standard 38°40 N et 45°20 N
Datum WGS 84
Hydrographie (côtes, cours d’eau, lacs) GSHHG (Global, Self-consistent, Hierarchical, High-resolution, Geography Database)

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