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La diffusion du christianisme dans l'Empire romain

Les débuts du christianisme

La diffusion du christianisme dans l'Empire romainLa carte sur les débuts du christianisme est un classique, mais qui pose quelques difficultés. La première est d’ordre purement factuel : il est extrêmement difficile (voire impossible) de mesurer avec un peu de précision l’extension du christianisme. En effet, le christianisme est né de l’enseignement d’un prédicateur marginal d’une religion minoritaire originaire d’une région périphérique de l’Empire : il passe donc largement inaperçu dans les sources romaines. On s’appuie sur les communautés chrétiennes connues — c’est pourquoi elles sont présentes sur la carte.

L’autre problème avec cette carte, c’est qu’elle n’indique que la présence notable de chrétiens dans telle ou telle région, c’est-à-dire qu’on n’est pas certain qu’il s’agisse d’un phénomène majoritaire. Le risque, ici, est de donner l’impression de régions (presque) entièrement acquises au christianisme, ce qui n’est pas le cas.

Néanmoins, pour l’instant, je n’ai pas trouvé mieux pour indiquer la diffusion progressive du christianisme dans l’Empire romain et ses voisins…

Logiciels utilisés : QGIS pour la conception de la carte, Illustrator pour la mise en forme.

Projection : projection azimutale équivalente de Lambert. Centre : 40°N et 19°E.

Côtes, lacs et cours d’eau : GSHHG (Global, Self-consistent, Hierarchical, High-resolution, Geography Database) et Natural Earth.

Cette carte a été élaborée comme support des cours et formations de l’Institut d’étude des religions et de la laïcité.

Couverture forestière du Japon

La couverture forestière du Japon

Couverture forestière du JaponLa carte d’aujourd’hui repose sur la mise en forme de données sur l’occupation des sols au Japon. J’ai appliqué des couleurs sur deux d’entre elles (forêts et aires urbaine) et rendu les autres transparentes. Un ombrage a été appliqué pour faire ressortir le fait que les forêts japonaises sont essentiellement dans les montagnes.

L’orientation est un peu différente : la carte a été inclinée pour éviter de mettre les Ryūkyū dans un encart.

J’ai utilisé une nouvelle palette pour créer une carte en mode sombre dans les bleus.

Couverture forestière du Japon (en anglais)Peu après le #30DayMapChallenge, j’ai retravaillé cette carte (en anglais) pour y apporter quelques détails supplémentaires.

Logiciels utilisés : QGIS pour la conception de la carte, Illustrator pour la mise en forme, Photoshop pour l’application de l’ombrage.

Projection : transverse universelle de Mercator, fuseau 54 nord.

Topographie et occupation des sols : Global Map Japan, Geospatial Information authority of Japan (GSI).

Côtes : GSHHG (Global, Self-consistent, Hierarchical, High-resolution, Geography Database).

Le Japon évoque plus de fortes concentrations de population que des forêts. Les densités de population sont effectivement très fortes dans les villes, mais ça n’a pas grand chose d’original.

La véritable surprise vient de la densité moyenne de population. Avec environ 330 habitants au km2, le Japon a une densité bien inférieure à celle de pays comparables d’Asie orientale (510 pour la Corée du Sud, 610 pour Taiwan), et même à certains pays européens (450 pour les Pays-Bas, 370 pour la Belgique). En réalité, les trois quarts de la population se concentre dans 2% du pays.

Au Japon, l’urbanisation a accéléré un phénomène ancien : la population s’est installée sur l’étroite bande côtière, coincée entre la mer et la montagne. La présence humaine dans ces dernières est traditionnellement peu importante : c’est un espace laissé aux kami et aux forêts. Cela explique que 68% du pays (essentiellement la partie montagneuse) soit couvert de forêts. Parmi les pays développés, seules la Suède et la Finlande ont des taux de couverture supérieurs.

Cette carte a été élaborée comme support des cours et formations de l’Institut d’étude des religions et de la laïcité.

Cette carte a participé au #30DayMapChallenge 2021 (jour 17 : terre).

Constantinople au XIVe siècle

Constantinople au XIVe siècle

Constantinople au XIVe siècleJ’aurais aimé avoir réalisé cette carte pour ma thèse mais, à cette époque, je n’utilisais pas de logiciel cartographie et je dessinais sous Illustrator. Même s’il y a encore des imperfections, le résultat est déjà meilleur, en particulier par la prise en compte de la topographie.

J’ai corrigé les côtes en utilisant des ouvrages sur Constantinople à l’époque byzantine, en particulier le classique de Raymond Janin, Constantinople byzantine : développement urbain et répertoire topographique de Raymond Janin. Pour le placement des églises et monastères dont la localisation est incertaine ou inconnue, j’ai repris les conclusions de byzantinistes plus compétents que moi sur le sujet. Les erreurs en la matière sont donc entièrement les miennes !

Logiciels utilisés : QGIS pour la conception de la carte, Illustrator pour la mise en forme, Photoshop pour l’application de l’ombrage.

Projection : projection de Gauss-Krüger (projection transverse de Mercator). Méridien central : 29°E.

Modèle numérique de terrain (topographie et ombrage) : EU-DEM (Digital elevation model over Europe).

Au XIVe s., Constantinople n’est plus que l’ombre d’elle-même. Avant la quatrième croisade, elle était la ville la plus riche et la plus peuplée de la Chrétienté, avec probablement environ 400 000 habitants. Les événements de 1203-1204 ont durablement marqué le paysage urbain : trois grands incendies, une émeute anti-latine et le pillage qui a suivi la prise de la ville par les croisés ont détruit un tiers des bâtiments. La ville s’est considérablement dépeuplée à l’époque des Latins (1204-1261), sans que les Latins soient suffisamment nombreux pour compenser les départs. De nombreux quartiers sont laissés à l’abandon, et les matériaux des bâtiments délaissés, y compris les églises et palais, sont réutilisés pour l’entretien du reste. L’empereur a définitivement abandonné le Grand Palais pour résider dans le palais des Blachernes. Malgré d’importants travaux lors du règne de Michel VIII Paléologue (r. 1259-1281) et un relatif repeuplement, un des lieux communs de la littérature du XIVe s. sur Constantinople est de se lamenter sur sa splendeur perdue. Nombre de voyageurs décrivent une ville à moitié en ruines, avec des îlots d’habitat urbain séparés par des champs et des terrains vagues.

Ces voyageurs décrivent aussi une ville qui a conservé son pouvoir de fascination, avec ses nombreuses églises et monastères, dont de nombreux fondés ou restaurés à l’époque des Paléologues (1261-1453), les riches palais de l’aristocratie et ses impressionnantes murailles. Constantinople continue d’être un important centre économique (ici aussi, bien inférieur à ce qu’elle était avant 1204), même si l’essentiel du commerce se fait au profit des marchands génois installés dans le quartier de Galata, de l’autre côté de la Corne d’Or, et qui fait figure de ville indépendante à côté de la ville.

Cette carte a été élaborée comme support des cours et formations de l’Institut d’étude des religions et de la laïcité.

Cette carte a participé au #30DayMapChallenge 2021 (jour 16 : urbain / rural).

Part de chrétiens dans le monde

Le christianisme dans le monde

Part de chrétiens dans le mondeLa représentation des religions à l’échelle mondiale est toujours problématique. J’ai ici choisi la solution de facilité en utilisant des statistiques par pays, même si la collecte des données n’est pas la même partout. Les chiffres servent plus à donner un ordre d’idées. Cette série comporte une carte générale, et quatre sur les grandes branches du christianisme.

Les dégradés de couleur indique la part des chrétiens dans la population. J’ai utilisé une couleur pour les pays à majorité chrétienne et une autre pour le reste. Pour les cartes détaillées, ça donne trois couleurs différentes : une lorsque l’Église représentée est majoritaire, une autre lorsqu’elle est minoritaire dans un pays à majorité chrétienne, une dernière lorsqu’elle minoritaire ailleurs. Je ne l’ai pas fait pour les chrétiens d’Orient car cela aurait inutilement compliqué les choses.

J’ai aussi indiqué quelques valeurs absolues, ce qui permet de montrer le(s) centre(s) de gravité du monde chrétien.

Pour la projection, j’ai repris la projection de Robinson en décalant le méridien central de manière à ne pas séparer la péninsule de Tchoukotka du reste de la Sibérie.

Projection : Projection de Robinson. Méridien central : 11°E.

Côtes, cours d’eau et lacs : Natural Earth.

Frontières :  Natural Earth.

Avec environ 2,4 milliards de fidèles, le christianisme est la première religion mondiale. La répartition des chrétiens dans le monde est le résultat de l’histoire du christianisme. L’Europe, cœur historique, reste importante même si poids relatif est en diminution. L’implantation sur le continent américain et aux Philippines est le résultat de la première colonisation. L’Afrique subsaharienne est convertie lors de la deuxième colonisation. À cela s’ajoute des minorités chrétiennes historiques (cf. infra la carte sur les chrétiens d’Orient) en Afrique et en Asie.

Les différentes Églises chrétiennes ont des répartitions spécifiques.

Part de catholiques dans le monde

Les catholiques (1,2 à 1,3 milliards) se trouvent essentiellement en Europe et en Amérique latin, ainsi qu’aux Philippines. Ils sont en situation minoritaires dans le monde protestant.

 

Les protestants (800 millions à 1 milliards) sont présentés ici en bloc malgré leur variété. Ils sont souvent en situation de minorité, ou en majorité relative (par exemple aux États-Unis).

Le monde orthodoxe (300 à 350 millions, dont la moitié relève du patriarcat de Moscou) est assez étanche et ramassé. La diffusion de l’orthodoxie hors de son foyer traditionnel est lié aux diasporas récentes.

Les chrétiens d’Orient (environ 80 millions) sont le plus souvent minoritaires hors de leur foyer historique, sauf pour l’Église arménienne et l’Église éthiopienne. Il constituent des diasporas numériquement très importantes par rapport au lieu d’origine.

Ces cartes ont été élaborées comme support des cours et formations de l’Institut d’étude des religions et de la laïcité.

La carte sur le catholicisme a participé au #30DayMapChallenge 2021 (jour 12 : Data Challenge 2 – Natural Earth).

La Réforme protestante en Europe

La Réforme protestante

La Réforme protestante en EuropeLa carte religieuse de l’Europe au moment de la Réforme est un classique. J’ai longtemps hésité à m’y attaquer en raison de la complexité des figurés : beaucoup de frontières, au tracé souvent tortueux, des imbrications, et surtout des changements.

J’ai choisi de faire des grands aplats pour les grandes familles de la Réforme protestante, avec des hachures pour les zones mixtes. J’ai choisi d’indiquer les Églises hussites parce que j’en parle dans mon cours, et parce que je voulais indiquer les régions reprises par la Réforme catholique. La catholicisme est donc présent trois fois : là où il s’est maintenu, là où il vacille, et là où il reprend du terrain.

Les différentes rencontres et accords de paix, ainsi que les lieux importants pour la diffusion de la Réforme, sont représentés.

Logiciels utilisés : QGIS pour la conception de la carte, Illustrator pour la mise en forme.

Projection : projection azimutale équivalente de Lambert. Centre : 50°N x 12°E.

Côtes, cours d’eau, lacs : GSHHG (Global, Self-consistent, Hierarchical, High-resolution, Geography Database).

Traditionnellement, la Réforme protestante commence le 31 octobre 1517, lorsque Martin Luther, un religieux de l’ordre des augustin, placarde 95 thèses sur la porte d’une église à Wittenberg. Le geste n’a rien de révolutionnaire : pendant tout le Moyen Âge, l’Église latine a régulièrement connu des réformes, dont la plus importante — mais pas la seule — est la Réforme grégorienne. Cependant, depuis le XIVe s., l’Église est plus rétive face à ceux qui proposent des changements en voulant revenir à ce qu’ils considèrent être le christianisme originel — car tel est le sens du mot réforme. De nombreux théologiens, parfois perçus comme des précurseurs de la Réforme protestante, sont ainsi condamnés pour hérésie, par exemple le Tchèque Jan Hus, dont les enseignement se diffusent en Bohème à l’occasion de la Réforme et d’un rejet des Habsbourgs.

Les propositions de Luther n’ont pas pour but de rompre avec le pape ou de créer quelque chose de nouveau, mais de revenir aux fondamentaux des sources de la foi, du Salut, des sacrements et de l’organisation de l’Église. Le pape Léon X ne veut rien entendre et excommunie Luther. L’empereur, Charles Quint, tente de réduire la progression des idées de Luther mais les efforts de conciliations ou d’interdiction échouent. Seule la paix d’Augsbourg (1555) permet d’établir un statu quo avec le principe cujus regio, ejus religio (telle région, telle religion) : le prince peut choisir la religion de ses États.

D’autres penseurs développent leurs conceptions d’une réforme de l’Église, mais sans se rattacher à la pensée de Luther. À Zurich, Ulrich Zwingli réforme l’Église de la ville. Son action est poursuivie par Jean Calvin à Genève. Les expériences helvétiques donnent naissance à l’Église réformée (dite calviniste). Malgré des tentatives de rapprochement (colloque de Marbourg en 1529), réformés et luthériens conservent leurs différences.

En France, le développement de la Réforme entraîne de nombreux remous. La régente, Catherine de Médicis, réunis des théologiens catholiques et protestants pour trouver une formule de compromis (colloque de Poissy en 1561) avant de promulguer un édit de tolérance (édit de Saint-Germain, 1562), mais la première guerre de religion éclate quelques semaines plus tard. En 1598, l’édit de Nantes met fin au conflit en accordant aux protestants la possibilité d’exercer leur culte dans des conditions particulières.

La troisième grande famille du protestantisme naît en Angleterre. Henri VIII est un opposant déterminé des idées des réformateurs, mais il entre en conflit avec le pape, qui refuse d’annuler son mariage avec Catherine d’Aragon, qui ne lui a pas donné de fils. En 1534, l’Église d’Angleterre (ou anglicane) se sépare de Rome. Il ne s’agit que d’un schisme : l’Église d’Angleterre reste catholique mais cesse de reconnaître l’autorité du pape, dont la fonction est assurée par le souverain. L’adoption de la Réforme est progressif, complexe et marqué de rebondissements, comme un bref retour dans le giron romain sous la reine Marie Ire entre 1553 et 1558. L’anglicanisme prend forme sous Elisabeth Ire avec l’adoption d’une théologie essentiellement protestante, mais le maintien de nombreux éléments catholiques.

L’idée d’une réforme de l’Église ne se limite pas aux milieux protestants. Un penseur comme Érasme accueille d’abord favorablement les idées de Luther avant d’en rejeter les développements théologiques. Ce qu’on a longtemps appelé Contre-Réforme en se limite donc pas au rejet de la réforme protestante, mais participe à une réflexion sur l’Église romaine, si bien qu’on parle de plus en plus de Réforme catholique. Le concile de Trente (1545-1563) réaffirme les points essentiels du christianisme romain : rôle des Écritures, des sacrements, des saints, du clergé, mais procède à d’importantes modifications liturgiques et réorganise la formation du clergé (création des séminaires).

Cette carte a été élaborée comme support des cours et formations de l’Institut d’étude des religions et de la laïcité.

Cette carte a participé au #30DayMapChallenge 2021 (jour 3 : polygones).

La Shoah en Pologne 1939-1945

La Shoah en Pologne

La Shoah en Pologne 1939-1945Il existe de nombreuses cartes sur la Shoah et le phénomène concentrationnaire, en Pologne et dans le reste de l’Europe. En concevant cette carte, j’ai décidé de me concentrer sur la Pologne et de donner une idée de l’ampleur du phénomène. C’est pourquoi j’ai placé la plupart des ghettos en précisant le nombre de personnes qui s’y sont trouvé, ainsi que la date de création de ces ghettos. Il aurait été intéressant d’ajouter les flux vers ces ghettos et entre ces ghettos et les camps de concentration et d’extermination, mais la carte perdait en lisibilité. De même, pour les camps, j’ai indiqué la différence entre camp d’extermination et camp de concentration, ainsi qu’une idée du nombre de personnes qui y ont été déportés, quel que soit le motif de déportation.

Logiciels utilisés : QGIS pour la conception de la carte, Illustrator pour la mise en forme.

Projection : projection conique conforme de Lambert. Parallèles standard : 50°N et 54°N. Méridien central : 21°E.

Côtes, lacs et cours d’eau : GSHHG (Global, Self-consistent, Hierarchical, High-resolution, Geography Database).

Avant la Seconde Guerre mondiale, La Pologne abrite la première communauté juive d’Europe. L’occupation brutale du pays a été tout particulièrement dure pour les Juifs : environ 3 millions de Juifs, soit 98% des Juifs polonais, ont été assassinés pendant la Shoah.

La persécution des Juifs commence dès l’invasion, avec les premiers massacres organisés peu après les conquêtes sous prétexte de sécurisation. Dans un premier temps, les nazis décident de regrouper les Juifs (dont les biens sont confisqués) dans des ghettos. Contrairement aux anciens ghettos, qui étaient des quartiers réservés parfois fermés, les ghettos mis en place par les nazis sont des lieux clos où les Juifs sont entassés dans des conditions effroyables, où ils sont soumis à la faim, aux maladies, et servent de main d’œuvre pour le travail forcé.

L’invasion de l’URSS marque une nouvelle étape dans la persécution des Juifs. De nombreux massacres de masses sont commis. D’autres avaient eu lieu lors de l’invasion de la Pologne, mais pas avec une telle ampleur. L’automne 1941 voit aussi la construction des premiers camps d’extermination, c’est-à-dire des camps conçus non pour enfermer, mais pour assassiner un maximum de déportés dès leur arrivée sur place. La SS semble alors déterminée à mettre fin au système des ghettos et à exterminer la population juive d’Europe.

La conférence de Wannsee (20 janvier 1942) est souvent présentée comme celle où se décide la « solution finale du problème juif » (pour reprendre les termes utilisés alors), mais c’est en fait une réunion où les autres services du Reich acceptent le principe de l’extermination rapide proposé par la SS. À partir du printemps 1942, des grandes rafles sont organisées pour déporter les Juifs vers les camps d’extermination qui deviennent progressivement opérationnels. C’est aussi le début de la liquidation des ghettos, dont la population est transférée dans les camps de concentration et d’extermination.

Cette carte a participé au #30DayMapChallenge 2021 (jour 1 : points).

Saladin

L’ascension de Saladin

Après la deuxième croisade, le conflit entre les Zengides et les États latins se poursuit de manière indirecte en Égypte. Lors de l’installation des croisés dans la région, les Fatimides avaient réussi à conserver la ville d’Ascalon, qui leur avait servi de base pour lancer des raids quasi-annuels contre le Royaume de Jérusalem. Au cours du XIIe s., le califat shī’ite entre dans une période d’instabilité qui permet au Royaume de Jérusalem d’être relativement tranquille sur sa frontière méridionale. Après la fin de la deuxième croisade, le roi Baudouin III (règne 1143-1162) se tourne vers l’Égypte. Après s’être allié avec l’émir de Damas, il assiège Ascalon. Le siège est un succès, mais l’alliance précipite la conquête de la Syrie du sud par Nūr ad-Dīn, qui profite des mécontentements résultants de cet accord. Le roi Amaury Ier (règne 1162-1174) poursuit l’action de son frère et profite des querelles internes au Califat fatimide pour tenter de prendre le contrôle de l’Égypte. L’ancien vizir Shawar se rend auprès de Nūr ad-Dīn pour récupérer sa position. Pendant ce temps, Amaury envahit l’Égypte en 1163 et obtient le paiement d’un tribut annuel. Peu après son départ, les armées zengides, conduites par Shīrkūh, accompagné par son neveu, Salāh ad-Dīn (Saladin), envahissent l’Égypte et réinstallent Shawar comme vizir. Cependant, celui-ci n’est plus qu’un homme de paille. Voulant se débarrasser de l’encombrante protection de Shīrkūh, Shawar fait appel à Amaury. En 1164, il envahit l’Égypte. Pendant que Shīrkūh contient l’invasion, Nūr al-Dīn attaque la principauté d’Antioche. Amaury quitte l’Égypte pour aider son vassal, mais Shīrkūh a, entre-temps, accepté de quitter lui aussi l’Égypte. En 1166, Shīrkūh envahit de nouveau l’Égypte en 1166, et Shawar appelle de nouveau Amaury à l’aide. Les opérations de 1166-1167 tournent à l’avantage des Latins, qui laissent des garnisons à Alexandrie et au Caire, avec paiement d’un tribut tandis que les Zengides se retirent d’Égypte. Le fardeau financier et la présence de soldats latins conduit à un renversement des alliances. Devant les messages peu rassurants venus d’Égypte, Amaury envahit de nouveau le Califat fatimide, avec le soutien de troupes byzantines. Shawar appelle Shīrkūh à l’aide. Celui-ci arrive au Caire au début de 1169 et fait exécuter le vizir. Le calife al-Ādid choisit Shīrkūh comme nouveau vizir, mais celui-ci meurt peu après ; il est remplacé par son neveu Saladin. Le siège de Damiette, marqué par les dissensions entre Latins et Byzantins, est un échec, ce qui renforce la position du nouveau vizir. À la mort du calife, Saladin rétablit l’autorité (théorique) du calife abbasside sur l’Égypte et l’orthodoxie sunnite. L’autorité de Nūr al-Dīn est tout aussi théorique, et Saladin est le véritable homme fort de l’Égypte. Nūr al-Dīn commence à se méfier de Saladin, qui proteste de sa fidélité, mais il meurt en 1174. Saladin profite des dissensions entre les héritiers de Nūr al-Dīn pour mettre la main sur les domaines des Zengides et refaire l’unité du Proche Orient. Saladin, qui a parfois l’image du défenseur de l’islam face aux croisés, a en réalité passé une bonne partie de sa carrière à combattre ses correligionnaires — même si ça se traduit par la destruction du califat shī’ite — ce qui rappelle que la dimension religieuse n’est qu’un aspect des conflits de la région. Saladin se tourne vers les États latins. Comme auparavant, échecs et succès alternent. Il échoue même à s’emparer des forteresses des Assassins, ordre shī’ite et élément déstabilisateur de la région. Cependant, en 1187, Saladin inflige une défait décisive aux Latins lors de la bataille de Hattin. Il est en mesure de conquérir la quasi-totalité du royaume de Jérusalem. Seule Tyr résiste aux assauts des troupes de Saladin. Dans le même temps, l’Empire byzantin connaît d’importantes difficultés, avec une montée du sentiment anti-Latins, ces derniers semblant profiter, voire favoriser les problèmes de l’Empire. En 1176, les armées byzantines parties soumettre le sultanat de Rūm subissent une grave défaite à Myrioképhalon. Cette défaite apparaît rétrospectivement comme un désastre digne des batailles du Yarmouk ou de Mantzikert, mais si l’Empire a définitivement perdu l’occasion de récupérer l’Anatolie, il reste en mesure d’infliger des défaites aux Turcs. La mort de Manuel Ier Comnène (règne 1143-1180) est suivie de troubles importants. Il laisse derrière lui un fils mineur, Alexis II (règne 1180-1183), renversé par Andronic Ier Comnène (règne 1183-1185), qui tient la régence depuis 1182. Les sentiments anti-Latins culminent avec le massacre de 1182. Les Normands de Sicile envahissent de nouveau les Balkans et s’emparent de Constantinople, la deuxième ville de l’Empire, en 1185. La même année, Isaac Comnène, un cousin lointain, s’empare de Chypre et la gouverne pour son propre compte. Le successeur d’Andronic Ier Comnène, Isaac II Ange (règne 1185-1195) parvient à repousser les Normands, mais échoue à reprendre Chypre. Pire, son règne voit la révolte des Bulgares et la reconstitution d’un rival puissant dans les Balkans. Le ciel continue de s’assombrir pour l’Empire…
Saladin La conquête de la Syrie-Palestine par Saladin
Cette carte a été élaborée comme support des cours et formations de l’Institut européen en sciences des religions.
Projection Projection azimutale équivalente de Lambert
Centre 35°N, 32°E
Datum WGS 84
Hydrographie (côtes, cours d’eau, lacs) GSHHG (Global, Self-consistent, Hierarchical, High-resolution, Geography Database)
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La deuxième croisade

La deuxième croisade

Les rivalités entre princes musulmans du Proche Orient expliquent en partie le succès de la première croisade et le maintien des États issus de la croisade. Lorsque les Zengides refont l’unité de la region, les États latins sont directement menacés, ce qui entraîne le départ de la deuxième croisade.

Imād ad-Dīn Zengī est installé par les Seldjoukides comme atabeg de Mossoul (1127-1146). Il entreprend d’étendre son domaine. Il s’empare d’Alep et en devient émir (1128-1146). Il profite des querelles entre le prince d’Antioche et le comte d’Édesse pour s’emparer d’Édesse en 1144. Le reste du comté est progressivement conquis par Zengī et puis son fils, Nūr ad-Dīn, émir d’Alep (1146-1174) et de Damas (1154-1174).

L’événement a un retentissement considérable dans la Chrétienté : les Latins avaient connu quelques défaites cuisantes, mais jamais l’existence des États latins n’avait été remise en cause de la sorte. Eugène III (règne 1145-1153) décide d’organiser une nouvelle croisade. Il espère susciter la même ferveur que son prédécesseur Urbain II (règne 1088-1099), mais la bulle Quantum praedecessores (1er décembre 1145) ne suscite aucune vocation. Il faut attendre le discours de Bernard de Clairvaux à Vézelay (31 mars 1146) pour que la Chrétienté se mobilise, à commencer par Louis VII, roi de France (règne 1137-1180) et son épouse Aliénor d’Aquitaine. En Germanie, l’empereur Conrad III (règne 1138-1152) et son neveu, Frédéric Barberousse, décident eux aussi de partir.

Après sa prédication réussie, Bernard ne se joint pas à la croisade, même s’il endosse la responsabilité de l’échec de celle-ci.

En effet, la croisade se passe mal. En Germanie, les chevaliers du nord préfèrent faire campagne contre les populations slaves installées sur la frontière nord-est de l’Empire . Les terres des Slaves sont ravagées, ce qui ouvre la région à la conquête dans les années suivantes, mais il n’y a alors ni conversion (objectif initial) ni installation.

Conrad III et Louis VII partent séparément et décident de mettre leurs pas dans ceux des premiers croisés en passant par Constantinople et l’Anatolie. Les relations avec les Byzantins sont difficiles car le souvenir des violences des premiers croisés est encore vivace. De plus, l’empereur Manuel Ier Comnène (règne 1143-1180) craint un bouleversement des équilibres régionaux, voire une attaque directe. Les relations entre les deux empereurs sont mauvaises, et Conrad décide de passer au plus vite en Asie mineure. Les rapports avec Louis VII sont plus cordiaux, mais Manuel Comnène refuse de fournir des renforts et fait promettre de restituer à l’Empire byzantin les territoires conquis, comme l’avait fait Alexis Ier Comnène (règne 1081-1118) lors de la première croisade.

La traversée de l’Anatolie s’avère impossible. L’armée de Conrad enchaîne les défaites. Elle est rejointe par celle de Louis VII, ce qui permet une reprise de la progression, mais après leur lourde défaite devant le mont Cadmos (6 janvier 1448), les croisés décident de poursuivre par la voie maritime.

La première partie de la croisade est un désastre. L’armée croisée a perdu environ les trois quarts de son effectif avant même d’arriver sur le principal théâtre d’opération. Surtout, le fossé s’est creusé entre Latins et Byzantins. Ces derniers, assez rétifs à l’idée de croisade, voient d’un mauvais œil des croisés responsables de nombreux désordres dans l’Empire. Les croisés, de leurs côté, considèrent n’avoir pas été suffisamment soutenus, voire avoir été trahis, par les Byzantins. Par la suite, les autres expéditions empruntent la voie maritime.

Louis VII arrive à Antioche en mars 1148. Il est accueilli par le prince, Raymond de Poitiers (règne 1136-1149), oncle d’Aliénor, qui souhaite monter une expédition contre Alep et affaiblir les Zengides. Louis refuse, préférant achever son pèlerinage à Jérusalem — car la croisade est un pèlerinage — sans compter la rumeur d’une liaison incestueuse entre le prince d’Antioche et la reine. Conrad III arrive à Acre sur des navires byzantins.

L’objectif de la croisade change : le roi Baudouin III (règne 1143-1162) est plus préoccupé par l’émir de Damas. La place de Jérusalem dans l’imaginaire des croisés l’emporte : ils renoncent à contrer la menace zengide en Syrie du nord pour attaquer Damas et involontairement affaiblir des adversaires des Zengides en voulant protéger la ville sainte.

Damas est assiégée du 24 au 28 juillet 1148 mais, apprenant l’arrivée des troupes de Nur ad-Din, les croisés lèvent le siège. Louis VII — brouillé pour de bon avec son épouse Aliénor — et Conrad III repartent chez eux en 1149.

Le succès inespéré de la première croisade avait pu être perçu comme miraculeux, l’échec de la deuxième croisade est retentissant. Le comté d’Édesse n’a pu être préservé : le reste de son territoire est conquis par Nūr ad-Dīn en 1150. Les autres États latins sont toujours menacés par la consolidation des Zengides : Raymond de Poitiers est vaincu et tué lors de la bataille d’Inab (29 juin 1149) et Nūr ad-Dīn peut assiéger Antioche. Il échoue à prendre la ville, mais la principauté est durablement affaiblie.

Les seuls succès de la deuxième croisade sont liés à des opérations périphériques. Le pape a étendu la croisade à la péninsule Ibérique. Des croisés partis d’Angleterre et contraints d’accoster à Porto prêtent main forte à Alphonse Ier de Portugal (règne 1139-1185) lors du siège de Lisbonne (1er juillet – 24 octobre 1147). Plus à l’Est, des croisés venus de France et d’Italie participent à l’expansion du royaume de León et du comté de Barcelone.

La deuxième croisade La Syrie-Palestine pendant la deuxième croisade

Cette carte a été élaborée comme support des cours et formations de l’Institut européen en sciences des religions.

Projection Projection azimutale équivalente de Lambert
Centre 35°N, 32°E
Datum WGS 84
Hydrographie
(côtes, cours d’eau, lacs)
GSHHG (Global, Self-consistent, Hierarchical, High-resolution, Geography Database)

Licence Creative Commons
Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

Le Proche Orient 1102-1130

La consolidation des États latins 1102-1130

La première croisade entraîne la création de quatre États latins (ou francs). Nombre de croisés repartent après la prise de Jérusalem. Ceux qui restent doivent maintenant se battre pour garantir la pérennité de ces États, d’abord en prenant le contrôle de la côte, puis en combattant les États de l’arrière-pays qui s’efforcent de reconquérir la région.

Ils vont être aidés par plusieurs facteurs. Contrairement à une idée fausse, il n’y a pas un choc frontal entre la Chrétienté et l’Islam. Passé la première croisade, les chrétiens d’Europe occidentale se soucient assez peu de l’Outremer, comme on dit alors. Les États latins peuvent néanmoins compter sur l’afflux réguliers de pèlerins armés venus combattre quelques temps. La création des ordres religieux-militaires, dont le prototype est l’ordre du Temple, s’efforce de maintenir l’esprit de la croisade : ils constituent une véritable armée permanente dont le rôle est fondamental dans la défense des États latins.

Néanmoins, la faiblesse des effectifs fait que même les désastres les plus effroyables — comme la bien nommé bataille du Champ du sang (Ager sanguinis) n’a pas d’effets à moyen terme, puisque quelques mois plus tard, une autre bataille arrive à des résultats inverse. Dans l’ensemble, ces alternances de victoires et de défaites est plutôt favorables aux Latins car elles ne remettent pas en cause l’existence des nouveaux États.

De même, la prise de Jérusalem a peu d’écho dans le monde musulman, et le lutte contre les Latins est surtout une affaire locale. Les motifs religieux, tant du côté chrétien que du côté musulman, ne sont qu’un éléments parmi d’autres, et les États latins se retrouvent dans un jeu compliqué d’alliances et de rivalités locales où les intérêts terre-à-terre priment sur les motivations religieuses.

Dans un premier temps, les États latins continuent de présenter un front uni face à des princes musulmans divisés, ce qui leur permet de continuer sur leur lancée victorieuse, mais les tensions finissent par s’installer. C’est surtout avec l’Empire byzantin que les tensions sont vives, en particulier autour d’Antioche, ville autrefois byzantine et dont le prince n’est autre que Bohémond, vieil adversaire normand. Celui-ci revient en Italie du sud et tente de nouveau l’invasion de la côte adriatique, mais il doit s’avouer vaincu et céder la Cilicie à Byzance.

Le Proche Orient 1102-1130 Les États latins 1102-1130

Cette carte a été élaborée comme support des cours et formations de l’Institut européen en sciences des religions.

Projection Projection azimutale équivalente de Lambert
Centre 35°N, 32°E
Datum WGS 84
Hydrographie
(côtes, cours d’eau, lacs)
GSHHG (Global, Self-consistent, Hierarchical, High-resolution, Geography Database)

Licence Creative Commons
Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

Changements territoriaux à l'occasion de la première croisade

La première croisade 1095-1102

En mars 1095, les envoyés de l’empereur byzantin rencontrent le pape lors du concile de Plaisance. Le 27 novembre 1095, à Clermont, à l’issue d’un concile consacré à des problèmes de l’Église en France, le pape Urbain II (règne 1088-1099) dresse un portrait dramatique de la situation dans les territoires conquis par les Turcs et appelle les chevaliers à porter secours à leurs frères chrétiens en Orient : la première croisade est lancée, mais rien ne va se passer comme prévu.

L’appel du pape connaît un certain succès, mais pas dans ses termes. Un certain nombre de prédicateurs, dont le plus connu est Pierre l’Ermite, relaient cet appel, dans un contexte spirituel où Jérusalem occupe une place de plus importante dans la piété populaire. Là où Urbain II pensait aide à l’Empire byzantin, les fidèles entendent libérer Jérusalem. Pendant que les chevaliers — les professionnels de la guerre — se préparent, une croisade populaire part sans grande organisation. Certains départs sont marqués par des massacres de Juifs, accusés à tort de vouloir saboter l’expédition. Le trajet vers Constantinople n’est pas sans incidents, avec de nombreux accrochages en Hongrie. L’empereur Alexis Ier Comnène (règne 1081-1118) se dépêche de faire passer cette troupe indisciplinée en Anatolie, où elle est sévèrement battue par les Turcs en octobre 1096.

Peu après, la croisade des chevaliers, partie en août 1096, arrive à Constantinople. Les malentendus commencent. Alexis Comnène pensent ces combattants viennent se mettre à son service, tandis que les croisés, emmenés par Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, Godefroi de Bouillon, Robert Courteheuse, duc de Normandie, Robert, duc de Flandre, Hugues, comte de Vermandois et frère du roi de France, Étienne, comte de Blois et Bohémond, prince de Tarente, sont partis pour un pèlerinage armés. Pour compliquer les choses, Bohémond de Tarente a combattu les troupes d’Alexis Comnène lors de l’invasion normande des Balkans, ce qui conduit l’empereur à le soupçonner d’avoir des intentions cachées. Néanmoins, un accord est trouvé, et les chefs croisés prêtent serment de fidélité à l’empereur et s’engagent à lui restituer les territoires conquis. Un contingent byzantin se joint aux croisés.

La traversée de l’Anatolie est difficile, mais marquée par d’importants succès contre le Sultanat de Rūm. Les troupes byzantines  Les choses se gâtent à Antioche. La ville est prise à l’issue d’un siège difficile, mais les croisés se trouve assiégés à leur tour par une armée de secours. Étienne de Blois, pensant que tout est perdu, décide de rentrer en France ; sur son chemin, il croise l’armée de renfort conduite par Alexis Comnène et le persuade de rebrousser chemin. Les chefs croisés, notamment Bohémond, s’estiment trahis et décident de conserver leurs conquêtes, ce qui aboutit à la création des États latins.

Après avoir repoussés les assiégeants, les croisés continuent vers Jérusalem en rencontrant peu de résistance de la part des autorités locales. Jérusalem, conquise par les Fatimides à l’été 1098, est assiégée. La prise de la ville le 13 juillet 1099 donne lieu à un important massacre.

Le succès inespéré de la première croisade est lié à un concours de circonstances. En Anatolie, le sultan seldjoukide de Rūm a sous-estimé la menace et a continué à combattre ses vieux adversaires danishmendides. Par la suite, les Turcs anatoliens s’avèrent être des adversaires redoutables : les trois expéditions de renforts sont annihilées en 1101 et, lors des deuxième et troisième croisades, ils constituent un obstacle considérable. De même, en Syrie et en Palestine, les divisions locales — qui ont permis la conquête du sud de la Palestine par les Fatimides — ont empêché toute coordination. Cependant, les contemporains perçoivent cette victoire improbable comme le résultat de la faveur divine.

La première croisade s’achève par la constitution de quatre États latins — ou francs, noms générique utilisé dans la région pour désigner les Européens de l’ouest : le Royaume de Jérusalem, la Principauté d’Antioche, le Comté d’Édesse et le Comté de Tortose (par la suite, de Tripoli). Cependant, les Latins sont peu nombreux, ce qui pose assez rapidement la question de la survie de ces États.

Changements territoriaux à l'occasion de la première croisade La création des États latins pendant la première croisade

Cette carte a été élaborée comme support des cours et formations de l’Institut européen en sciences des religions.

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Les conquêtes seldjoukides

La Méditerranée orientale 1045-1095

Dans la première moitié du XIe s., l’affaiblissement du Califat abbasside sur ses marges a permis l’expansion territoriale du Califat fatimide et de l’Empire byzantin. Sur sa lancée, ce dernier s’étend vers le Caucase en annexant des principautés géorgiennes et arméniennes.

L’arrivée des Turcs au Proche-Orient modifie les équilibres régionaux. En 1055, ils s’emparent de Bagdad. Tughril (ou Toghrul) laisse au calife un pouvoir symbolique et, formellement sous l’autorité de celui-ci, exerce la réalité du pouvoir avec le titre de sultan.

En quelques années, le Sultanat seldjoukide s’empare du Proche-Orient. En Anatolie, il inflige une série de défaites à l’Empire byzantin, ce qui lui permet de mener des raids sur le territoire impérial. Après la bataille de Mantzikert, les Turcs ne rencontrent plus guère d’opposition à cause de la guerre civile qui embrase l’Empire byzantin et peuvent s’installer durablement. Malgré un succès temporaire à Partsikhi, les Géorgiens ne peuvent s’opposer à la progression turque dans le Caucase et deviennent des vassaux du Sultanat seldjoukide comme les autres principautés locales.

L’Empire byzantin est aussi en difficulté à l’ouest. Au milieu du XIe s., des mercenaires normands sont venus en Italie du sud se mettre au service des potentats locaux avant de conquérir la région pour leur propre compte. En 1071, ils s’emparent de Bari, dernière ville byzantine de la région, avant de se lancer à l’assaut des Balkans dans les années 1080. L’Empire byzantin parvient à les repousser au prix de nombreux efforts.

Dans le même temps, les seldjoukides ont du mal à contrôler leur empire qui s’est étendu très vite. En Anatolie, les dynasties qui se sont installées s’éloignent peu à peu du pouvoir central. Si certaines entretiennent la fiction d’un lien avec le Grand seldjouk, d’autres prennent leur indépendance, en particulier une branche cadette des seldjoukides qui prend le titre de sultan al-Rūm (empereur des Romains). En Syrie et en Palestine, les héritiers des premiers gouverneurs seldjoukides se partagent la région et sont en conflit quasi-permanent.

Au début des années 1090, l’empereur Alexis Ier Comnène (règne 1081-1118) estime qu’il est temps d’amorcer la reconquête de l’Anatolie. Comme la tâche est immense, il décide de recruter des mercenaires pour assister les troupes byzantines. Pour cela, il s’adresse à son relais habituel en Occident : le pape.

carte du Proche Orient 1045-1095

Cette carte a été élaborée comme support des cours et formations de l’Institut européen en sciences des religions.

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Centre 35°N, 32°E
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Monde de Nausicaä - français

Le monde de Nausicaä

Monde de Nausicaä - françaisNausicaä de la Vallée du Vent est un manga de Hayao Miyazaki, publié entre 1982 et 1994. L’histoire se déroule 1000 ans après la fin de la période industrielle, qui a duré 1000 ans, dans un monde rendu méconnaissable par la guerre dévastatrice qui a détruit la civilisation industrielle (Les sept jours de feu) et l’écosystème étrange qui a recouvert l’essentiel de la planète : la Mer de putréfaction / décomposition (腐海, fukai), aussi appelée Forêt toxique. Il serait vain — même si cela été tenté — de chercher à repérer à quelle partie monde actuel correspond la région qui sert de cadre à l’histoire.

Nausicaä se déroule à l’extrémité orientale d’un sous-continent (亜大陸, atairiku, c’est-à-dire une masse terrestre distincte mais qui ne forme pas un continent) non identifié. Ce qui reste de l’humanité est regroupé ici en trois ensembles. Les nations de la Périphérie se sont formées après l’engloutissement du royaume d’Eftal par la Mer de putréfaction : ce sont de petits royaumes indépendants qui reconnaissent la suzeraineté de Tolmekia. La Vallée du Vent est un de ces États. À l’Est, le royaume de Tolmekia qui, au début de l’histoire, déclare la guerre à son adversaire permanent, les Principautés doroks, union de clans autonomes dirigée par un saint empereur qui s’appuie sur la religion et l’accès intermittent à la technologie de l’ancien monde.

Pour permettre à son lecteur de se repérer dans ce monde complexe, Miyazaki a dessiné plusieurs cartes, dont voici une synthèse, avec 2 versions, déclinées en français et en japonais : une carte de situation, et une carte indiquant les principales manœuvres de la guerre qui sert de toile de fond à l’œuvre.

Je suis parti d’un scan de la carte générale, que j’ai complété avec les autres cartes figurant dans le manga. Pour rester fidèle à l’original, j’ai réalisé une version en française et une version en japonais.

Cette carte a été élaborée comme support des cours du soir de l’Institut d’étude des religions et de la laïcité consacrés au religieux fictif dans l’animation japonaise.

La carte des opérations en français a participé au #30DayMapChallenge 2021 (jour 30 : metamapping).