Projection conique

Île de Noirmoutier

L’île de Noirmoutier

Île de NoirmoutierCarte inhabituelle, mais qui m’a permis de continuer à m’exercer au mode sombre, et surtout à travailler les données issues d’OpenStreetMap. Pour une fois, aussi pas de graticule, mais une rose des vents !

Voici donc ma carte de l’île de Noirmoutier…

Logiciels utilisés : QGIS pour la conception de la carte, Illustrator pour la mise en forme, Photoshop pour l’application de l’ombrage.

Projection : RGF 93 / CC47 (projection conique conforme de Lambert ; parallèles standard : 46°15 N et 47°45 N ; méridien central : 3°E).

Données © OpenStreetMap contributors.


Cette carte a participé au #30DayMapChallenge 2021 (jour 19 : île(s)).

Licence Creative Commons Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

Transcaucasie post soviétique

La Transcaucasie post-soviétique

Transcaucasie post soviétique

Cette carte sur la Transcaucasie est un peu la suite logique celle consacrée à l’Ukraine au début de 2022. La Transcaucasie est un autre espace frontalier problématique de la Russie… et sa représentation l’est tout autant.

J’ai représenté les républiques socialistes soviétiques autonomes et les régions (oblasti) autonomes, mais sans indiquer la différence entre les deux statuts, finesse du système soviétique peu pertinent ici car les minorités qu’elles abritent proclament leur souveraineté avant même la disparition de l’URSS, ce qui est à l’origine de problèmes qui dégénèrent souvent en conflit armé.

La guerre de 2020 a permis à l’Azerbaïdjan de récupérer les territoires de la République d’Artsakh (Haut-Karabagh). Le corridor de Latchin, qui permet de la relier à l’Arménie et théoriquement restitué à l’Azerbaïdjan, mais contrôlé par les troupes russes de maintien de la paix, a été représenté à part pour des raisons d’échelle.

La Russie a tenté de maintenir une présence militaire conséquente en créant un « groupe de forces » sur le modèle de ceux que l’Armée soviétique avait organisé pour ses troupes stationnées à l’étranger, mais il ne reste quelques bases en Arménie et dans les républiques séparatistes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud.

Pour rendre compte de la géographie montagneuse, j’ai appliqué un ombrage. Pour la bordure des frontières, j’ai appliqué un flou gaussien à trait épais, puis un masque d’écrêtage.

Logiciels utilisés : QGIS pour la conception de la carte, Illustrator pour la mise en forme, Photoshop pour l’application de l’ombrage.

Projection : projection conique conforme de Lambert. Parallèles standard : 39°N et 43°N. Méridien central : 45°E.

Côtes, lacs et rivières : GSHHG (Global, Self-consistent, Hierarchical, High-resolution, Geography Database).

Modèle numérique de terrain (ombrage) : SRTM-15 (Shuttle Radar Topography Mission, résolution de 15 secondes d’arc).


Licence Creative Commons
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Carte de l'Ukraine en 2022

L’Ukraine à la veille de l’invasion russe de 2022

Carte de l'Ukraine en 2022L’objectif de cette carte est de montrer la situation en Ukraine avant l’invasion russe de 2022. J’ai mis en évidence les contentieux territoriaux entre l’Ukraine et la Russie : la Crimée, annexée par la Russie en 2014, les républiques populaires / nationales (sur la difficulté de traduction de narodnaja, voir la note à cette carte) de Lugansk et Donetsk, ainsi que les parties des oblasti de Luhans’k et Donets’k qu’elles ne contrôlent pas mais revendiquent.

Le relief a été suggéré par un ombrage. Les bordures des frontières ont été réalisées en appliquant un flou gaussien et un masque d’écrêtage au trait.

Logiciels utilisés : QGIS pour la conception de la carte, Illustrator pour la mise en forme, Photoshop pour l’application de l’ombrage.

Projection : projection conique conforme de Lambert. Parallèles standard : 45°N et 51°N. Méridien central : 31°E.

Côtes, lacs et rivières : GSHHG (Global, Self-consistent, Hierarchical, High-resolution, Geography Database).

Modèle numérique de terrain (pour l’ombrage) : ETOPO.

Carte de l'Ukraine en 2022 (mode sombre)

La même carte en mode sombre. Je ne suis pas convaincu. Qu’en pensez-vous ?


Cette carte a été élaborée pour un article publié sur le site de l’Institut d’étude des religions et de la laïcité.

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L'Europe du nord-ouest après la montée des eaux

L’Europe du nord-ouest sous les eaux

L'Europe du nord-ouest après la montée des eaux

Pour cette carte fantaisiste — du moins, espérons-le —, imaginons les effets de la montée des eaux. Avec un niveau de la mer à 25 mètres, voici à quoi ressemblerait l’Europe du nord-ouest…

J’ai utilisé une palette de couleurs pour la topographie et placé un nouveau trait de côte sur le contour +25m. En gris, les terres submergée avec cette montée des eaux.

Logiciels utilisés : QGIS pour la conception de la carte, Illustrator pour la mise en forme, Photoshop pour l’application de l’ombrage.

Projection : projection conique conforme de Lambert. Parallèles standard : 43°N et 62°N.

Topographie :  ETOPO1.

Côtes, lacs et rivières : GSHHG (Global, Self-consistent, Hierarchical, High-resolution, Geography Database).


Cette carte a participé au #30DayMapChallenge 2021 (jour 18 : eau).

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Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

Polonais vers 1900 et frontières en 1923

Les Polonais vers 1900

Polonais vers 1900 et frontières en 1923

Cette carte reprend le principe de celle sur les Hongrois dans l’Empire austro-hongrois. Les données sur les nationalités sont issus des recensements russe (1897), allemand (1900) et austro-hongrois (1910). Dans les trois cas, la nationalité est défini par la langue : langue maternelle pour l’Allemagne et la Russie, langue d’usage pour les régions d’Autriche-Hongrie situées en Cisleithanie. Le recensement allemand place à part les locuteurs du cachoube et du masurien, considérés comme deux dialectes du polonais, et qui ont été considérés comme polonais ici. La question de la nationalité des Juifs de la région, qui parlent le plus souvent yiddish, n’a pas été traité de la même manière : le recensements allemand et austro-hongrois les considèrent comme allemands car le yiddish est une langue germanique (on les trouve dans la partie « religion » du recensement), tandis que le recensement russe fait des Juifs une nationalité spécifique. Ils représentent près de 10% de la population polonaise à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

Logiciels utilisés : QGIS pour la conception de la carte, Illustrator pour la mise en forme.

Projection : projection conique conforme de Lambert. Parallèles standard : 50°N et 54°N.

Côtes, cours d’eau et lacs : GSHHG (Global, Self-consistent, Hierarchical, High-resolution, Geography Database).


Avec la disparition de la Pologne, les Polonais se retrouvent sous l’autorité de trois États hostiles : l’Autriche, la Prusse (puis l’Allemagne) et la Russie. La montée en puissance des nationalités au XIXe s. pousse à la création d’États-nations. Nation sans État, les Polonais aspirent à retrouver leur indépendance, mais le tracé des frontières est un casse-tête. Les mélanges de population dans les structures impériales rendent difficile la constitution de blocs territoriaux avec des nationalités distinctes, et bien des Polonais ont en mémoire les frontières d’avant les partages de la fin du XVIIIe siècle. En définitive, la capacité à imposer les frontières par la force s’avère décisif.


Cette carte a participé au #30DayMapChallenge 2021 (jour 12 : population).

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Les frontières du Cameroun 1908-1961

Les frontières du Cameroun

Les frontières du Cameroun 1908-1961

La question des frontières de l’Afrique coloniale est plus délicate qu’il y paraît. Souvent, les cartes représentent les revendications, alors que la possession n’est pas effective avant la fin du XIXe s., d’où des réajustements à l’occasion de signatures de traités au moment où les puissances coloniales prennent réellement le contrôle d’une région.

C’est pourquoi cette carte du Cameroun commence en 1908, une fois que l’Allemagne (puissance coloniale initiale) a effectivement déterminé les limites de sa colonie avec ses voisins (France et Royaume-Uni). Les évolutions postérieures sont représentées sous forme de lignes — c’était une contrainte du #30DayMapChallenge. Pour éviter de trop charger en figurés linéaires, je n’ai pas représenté les rivières, qui servent pourtant de point d’appui.

Logiciels utilisés : QGIS pour la conception de la carte, Illustrator pour la mise en forme.

Projection : Afrique — projection conique conforme de Lambert (parallèles standard : 23°S et 20°N ; méridien central : 25°E).

Côtes et lacs : GSHHG (Global, Self-consistent, Hierarchical, High-resolution, Geography Database).


Dans les années 1860, les Allemands installent des comptoirs dans la région de Douala. La colonie du Cameroun (ou Kamerun en allemand) est établie en 1884 sur la côte. Lors des vingt années qui suivent, l’Allemagne, comme les autres puissances coloniales, s’étend rapidement vers l’intérieur. Une série de traités conclus en 1885 et 1908 avec le Royaume-Uni (Nigéria) et la France (Gabon, Congo, Oubangui-Chari et Tchad, unis en 1910 dans l’Afrique équatoriale française) fixe peu à peu les frontières de la colonie.

Après la crise d’Agadir (avril 1911), l’Allemagne accepte que la France établisse un protectorat sur le Maroc contre une rectification de la frontière entre le Kamerun et l’Afrique équatoriale française lors du traité de Fès (4 novembre 1911). Le Kamerun cède une partie du « bec de canard » (territoires à l’est du Logone) en échange d’importants territoires, appelés Neukamerun (Nouveau-Cameroun). La colonie allemande double pratiquement sa superficie, passant de 460 000 km2 à 760 000 km2.

Les colonies allemandes sont progressivement conquises par la France et le Royaume-Uni lors de la Première Guerre mondiale. En avril 1916, le Kamerun est totalement occupé. Le Neukamerun est réintégré à l’Afrique équatoriale française et l’Altkamerun (Vieux-Cameroun) est divisé entre la France, qui reçoit l’essentiel de la colonie allemande, et le Royaume-Uni. Cette division est confirmée par le traité de Versailles (28 juin 1919) : le Kamerun devient un mandat de la Société des nations confié à la France (Cameroun français) et au Royaume-Uni (British Cameroons).

Le Cameroun français devient indépendant le 1er janvier 1960, et le Nigéria le 1er octobre. Après de longues discussions commencées en 1959, le nord du Cameroun britannique choisit par référendum de rejoindre le Nigéria, auquel il est rattaché le 31 mai 1961, et le sud choisit le rattachement au Cameroun, avec lequel il forme la République fédérale du Cameroun (1er octobre 1961), jusqu’à la création d’un État unitaire en 1972.


Cette carte a participé au #30DayMapChallenge 2021 (jour 2 : lignes).

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La Shoah en Pologne 1939-1945

La Shoah en Pologne

La Shoah en Pologne 1939-1945Il existe de nombreuses cartes sur la Shoah et le phénomène concentrationnaire, en Pologne et dans le reste de l’Europe. En concevant cette carte, j’ai décidé de me concentrer sur la Pologne et de donner une idée de l’ampleur du phénomène. C’est pourquoi j’ai placé la plupart des ghettos en précisant le nombre de personnes qui s’y sont trouvé, ainsi que la date de création de ces ghettos. Il aurait été intéressant d’ajouter les flux vers ces ghettos et entre ces ghettos et les camps de concentration et d’extermination, mais la carte perdait en lisibilité. De même, pour les camps, j’ai indiqué la différence entre camp d’extermination et camp de concentration, ainsi qu’une idée du nombre de personnes qui y ont été déportés, quel que soit le motif de déportation.

Logiciels utilisés : QGIS pour la conception de la carte, Illustrator pour la mise en forme.

Projection : projection conique conforme de Lambert. Parallèles standard : 50°N et 54°N. Méridien central : 21°E.

Côtes, lacs et cours d’eau : GSHHG (Global, Self-consistent, Hierarchical, High-resolution, Geography Database).


Avant la Seconde Guerre mondiale, La Pologne abrite la première communauté juive d’Europe. L’occupation brutale du pays a été tout particulièrement dure pour les Juifs : environ 3 millions de Juifs, soit 98% des Juifs polonais, ont été assassinés pendant la Shoah.

La persécution des Juifs commence dès l’invasion, avec les premiers massacres organisés peu après les conquêtes sous prétexte de sécurisation. Dans un premier temps, les nazis décident de regrouper les Juifs (dont les biens sont confisqués) dans des ghettos. Contrairement aux anciens ghettos, qui étaient des quartiers réservés parfois fermés, les ghettos mis en place par les nazis sont des lieux clos où les Juifs sont entassés dans des conditions effroyables, où ils sont soumis à la faim, aux maladies, et servent de main d’œuvre pour le travail forcé.

L’invasion de l’URSS marque une nouvelle étape dans la persécution des Juifs. De nombreux massacres de masses sont commis. D’autres avaient eu lieu lors de l’invasion de la Pologne, mais pas avec une telle ampleur. L’automne 1941 voit aussi la construction des premiers camps d’extermination, c’est-à-dire des camps conçus non pour enfermer, mais pour assassiner un maximum de déportés dès leur arrivée sur place. La SS semble alors déterminée à mettre fin au système des ghettos et à exterminer la population juive d’Europe.

La conférence de Wannsee (20 janvier 1942) est souvent présentée comme celle où se décide la « solution finale du problème juif » (pour reprendre les termes utilisés alors), mais c’est en fait une réunion où les autres services du Reich acceptent le principe de l’extermination rapide proposé par la SS. À partir du printemps 1942, des grandes rafles sont organisées pour déporter les Juifs vers les camps d’extermination qui deviennent progressivement opérationnels. C’est aussi le début de la liquidation des ghettos, dont la population est transférée dans les camps de concentration et d’extermination.


Cette carte a participé au #30DayMapChallenge 2021 (jour 1 : points).

Licence Creative Commons
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Le dépeçage de la Tchécoslovaquie 1938-1939

La destruction de la Tchécoslovaquie

Après l’annexion de l’Autriche, Hitler décide de tourner son attention vers la Tchécoslovaquie, qui abrite une importante minorité germanophone, essentiellement dans la région frontalière avec l’Allemagne, les Sudètes. En mars 1938, Hitler rencontre Konrad Heinlein, chef du Parti allemand des Sudètes (parti secrètement lié au Parti nazi) et lui demande de formuler des demandes que le gouvernement tchécoslovaque ne pourrait satisfaire. L’objectif est bien de procéder à une opération militaire contre la Tchécoslovaquie : à partir du mois de mai, le commandement allemand travaille sur le plan d’invasion. Hitler est certain que la politique d’apaisement menée par le Royaume-Uni et la France les conduira à ne pas intervenir. La perspective d’une guerre prématurée inquiète suffisamment pour que certains officiers en viennent à penser à un coup d’État pour renverser le régime nazi.

Le 30 septembre, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France et l’Italie signent les « accords de Munich » qui acceptent la prise de contrôle des Sudètes par l’Allemagne. Isolée, la Tchécoslovaquie n’a d’autre choix que se soumettre.

La voracité des voisins de la Tchécoslovaquie conforte la position allemande de mise en avant du principe des nationalités. La Pologne en profite pour régler ses différends frontaliers en s’emparant de plusieurs régions frontalières, notamment la Zaolzie (région de Teschen), et la Hongrie annexe des régions peuplées de Hongrois.

Mais la Tchécoslovaquie vivait toujours et Hitler avait été frustré d’un succès militaire.

Le 14 mars 1939, à l’instigation de l’Allemagne, les Slovaques proclament leur indépendance. Ils sont bientôt suivis par les Ukrainiens de l’Ukraine carpatique. L’Allemagne déclare être contrainte d’intervenir pour contenir le chaos crée par l’effondrement de la Tchécoslovaquie… et crée au nord du pays le protectorat de Bohème-Moravie.

Au sud, la Hongrie conquiert l’Ukraine carpatique et attaque la Slovaquie, mais l’intervention de l’Allemagne parvient à limiter ses appétits.

Ce triomphe d’Hitler sera le dernier. Britanniques et Français ont compris que l’apaisement n’arrêtait pas l’Allemagne. De plus, le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes apparaît véritablement comme un prétexte, car il avait été complètement piétiné. Le Royaume-Uni et la France optent pour la fermeté et commencent des négociations avec la Pologne et l’URSS en vue d’arrêter l’expansion allemande…

Le dépeçage de la Tchécoslovaquie 1938-1939

Projection Projection de Křovák
Datum WGS 84
Hydrographie (côtes, cours d’eau, lacs) GSHHG (Global, Self-consistent, Hierarchical, High-resolution, Geography Database)

Licence Creative Commons
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La quatrième croisade

La quatrième croisade

En 1187, Saladin s’empare de Jérusalem. Dans la foulée, il s’empare de presque tous les territoires des États latins, réduits à quelques points sur le littoral. La troisième croisade (1187-1192) parvient à rétablir la situation, mais sans reprendre Jérusalem : les croisés se contentent d’un accord garantissant le libre accès aux pèlerins chrétiens. Au passage, les croisés se sont emparés de Chypre, territoire byzantin érigé en royaume latin et qui sert de base arrière aux États latins.

Peu satisfait de ce résultat, Innocent III (r. 1198-1216) appelle à une nouvelle croisade dès le début de son pontificat. Cet appel est peu suivi : contrairement à ce qui s’était passé pour les deux croisades précédentes, peu de seigneurs importants répondent présent.

La croisade peine à s’organiser. En 1202, l’essentiel des troupes arrive à Venise, dont les activités commerciales ont été ralenties pour pouvoir réunir une importante flotte de transport vers l’Égypte, base du sultanat ayyoubide. Les croisés n’ont pas les moyens de payer la somme demandée. Le doge propose aux croisés de l’aider à mener des démonstrations de force en Adriatique pour consolider la présence vénitienne. C’est ainsi que les croisés assiègent et prennent Zara, ville chrétienne mais qui s’éloignait de l’orbite vénitienne. Innocent III réagit en excommuniant les croisés.

La politique byzantine rattrape la croisade. En 1195, l’empereur Isaac II (r. 1185-1195) a été renversé, aveuglé et emprisonné par son frère Alexis III. Le fils d’Isaac, Alexis, vient trouver les croisés et leur demande de l’aider à rétablir son père sur le trône impérial en échange d’une aide substantielle qui permettra aux croisés de réussir leur entreprise.

En 1203, la croisade paraît devant Constantinople et assiège vainement la ville, mais Alexis III s’enfuit, Isaac II est tiré de prison et Alexis couronné empereur. Celui-ci ne peut respecter ses engagements (ne serait-ce que parce Alexis III est parti avec la caisse) et met ses sujets sous pression pour collecter la somme promise, allant jusqu’à faire fondre les métaux précieux des icônes ! À cela s’ajoute une cohabitation difficile entre les habitants de Constantinople et l’armée croisée qui campe devant les murailles. En janvier 1204, après la morte d’Isaac II, Alexis IV est chassé du pouvoir, et Alexis V est couronné empereur. Il refuse d’honorer les engagements de son prédécesseur et commence à renforcer les défenses.

Les croises décident de prendre la ville pour leur propre compte. Après plusieurs échecs, la ville est finalement prise le 13 avril et pillée pendant trois jours. L’événement a une portée considérable, car la ville avait résisté à tous les sièges depuis sa fondation par Constantin et passait pour imprenable. Les croisés Venise se partagent le territoire byzantin, mais il leur faudra conquérir effectivement ces territoires : l’Empire, déjà travaillé par d’importantes forces centrifuges, se désagrège, et de nouveaux États s’organisent autour d’autorités locales. Deux ont clairement l’ambition de reprendre Constantinople et restaurer l’Empire byzantin : l’État d’Arta (Michel Doukas) et l’Empire de Nicée (Théodore Laskaris).

La prise de Constantinople a des conséquences religieuses importantes. Pour les croisés, et bientôt pour l’Église latine, elle est le signe de la faveur divine et la preuve de la condamnation des Byzantins, mauvais chrétiens qui n’ont pas soutenu la croisade. Innocent III, au départ furieux du détournement de la croisade, admet l’état de fait et tente d’imposer l’autorité de l’Église romaine à l’Église byzantine. De leur côté, les Byzantins considèrent certes avoir été châtiés par Dieu, mais que les Latins ont montré leur nature barbare et qu’en s’en prenant à leur coreligionnaire, ils n’avaient guère de chrétien que le nom.

Plus que la dispute qui aboutit au « schisme » de 1054, la quatrième croisade creuse un fossé infranchissable entre les deux chrétientés.

La quatrième croisade

Cette carte a été élaborée comme support des cours et formations de l’Institut européen en sciences des religions.

Projection Projection conique conforme de Lambert
Parallèles standards 36°N et 44°N
Datum WGS 84
Hydrographie (côtes, cours d’eau, lacs) GSHHG (Global, Self-consistent, Hierarchical, High-resolution, Geography Database)

Licence Creative Commons
Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

La Pologne aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale

La Pologne au lendemain de la Seconde Guerre mondiale

Après la Seconde Guerre mondiale, le territoire polonais connaît un important glissement vers l’ouest au détriment de l’Allemagne. Pourtant, les Alliés avaient décidé de rétablir toutes les frontières de 1937 en ne tenant pas compte (dans surprise) des changements survenus pendant la guerre, mais aussi en annulant toutes les modifications liées aux coups de force des dictatures. Les traités de Paris (10 février 1947) procèdent néanmoins à quelques ajustements de frontières.

Le problème est que l’URSS entend conserver les acquis de 1939-1941. Dans le cas de la Finlande et de la Roumanie, l’URSS parvient à imposer les frontières de 1940 dès les armistices puis dans les traités de Paris. Pour les pays baltes, malgré des protestations de principe des Alliés, le gouvernement soviétique met en avant une demande d’adhésion spontanée a l’URSS en 1940, sans rapport avec l’invasion soviétique où les élections sous pression qui ont suivi.

En revanche, avec la Pologne, c’est plus compliqué car le Royaume-Uni et la France sont entrés en guerre pour préserver l’intégrité territoriale du pays. Le gouvernement en exil polonais entend bien rétablir les frontières d’avant-guerre : il est d’autant plus mal disposé à l’égard de l’URSS qu’il garde en mémoire l’invasion soviétique de 1939 et le partage de la Pologne avec l’Allemagne, et qu’il attend autre chose que des dénégations quant au massacre de Katyn. De leur côté, les Soviétiques, dans leur demande de révision des frontières polonaises, parlent de « ligne Curzon« , ce qui sous-entend que leur projet, dont le tracé est pourtant assez différent, ne fait que reprendre les plans des Occidentaux à la fin de la Première Guerre mondiale.

Lorsque l’Armée rouge entre dans l’ancien territoire polonais à l’été 1944, les autorités soviétiques rétablissent la frontière de 1941. L’URSS fait proclamer un Comité polonais de libération nationale (22 juillet 1944), sous contrôle des communistes. Il s’installe à Lublin le 26 juillet et se dit prêt à signer un accord frontalier avec l’URSS, au grand dam du gouvernement en exil.

Lors de la conférence de Yalta (4-11 février 1945), Staline parvient à imposer aux Alliés la nouvelle frontière polono-soviétique. En compensation, la Pologne doit recevoir des territoires pris sur l’Allemagne. En échange d’élections libre, il obtient la reconnaissance du Comité de libération nationale, qui s’ouvre à des membres du gouvernement en exil. La frontière polono-soviétique est officiellement fixée par le traité du 16 août 1945. Un ajustement important a lieu le 15 février 1951 avec un échange de territoires qui permet à l’URSS de mettre la main sur de riches gisements de charbon.

Avant la guerre, la Pologne avait tenté de profiter des accords de Munich pour régler en sa faveur le différend frontalier qui l’opposait à la Tchécoslovaquie et avait occupé plusieurs zones frontalières à la fin de 1938. Le gouvernement polonais souhaiterait conserver tout ou partie de ces territoires, tandis que la Tchécoslovaquie tient à restaurer les frontières de 1937. Sous la pression de l’URSS, les deux parties signent un accord rétablissant la frontière du 31 décembre 1937 (21 septembre 1945).

La conférence de Potsdam (17 juillet – 2 août 1945) a décidé de retirer à l’Allemagne les territoires à l’Est de l’Oder et la Neisse. Le sort de Stettin n’a d’abord pas été certain mais, après que l’URSS ait décidé de se faire attribuer la région de Königsberg pour disposer d’un port libre de glaces en hiver, la Pologne a reçu le port de Stettin en compensation. Les Allemands toujours présents dans ces territoires sont expulsés, ce qui permet d’accueillir les Polonais chassés des régions annexées par l’URSS.

Dans l’attente d’un traité de paix, ces régions sont officiellement placées « sous administration provisoire » polonaise ou soviétique. La signature d’un traité de paix avec l’Allemagne étant repoussée sine die avec le déclenchement de la guerre froide, l’URSS et la Pologne vont tout faire pour faire reconnaître la frontière germano-polonaise. L’acceptation de la RDA est obtenue avec le traité de Zgorzelec (6 juillet 1950), celle de la RFA lors du traité de Varsovie (7 décembre 1970). Avec la signature du traité de Moscou (12 septembre 1990), ou traité 2+4, les puissances occupantes de l’Allemagne et les deux Allemagne bientôt réunifiées reconnaissent la ligne Oder-Neisse ; cette reconnaissance est confirmée peu après avec la signature du traité sur la frontière germano-polonaise (14 novembre 1990).

La Pologne aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale

Projection projection conique conforme de Lambert
Parallèles standard 49°20’N et 55°40’N
Datum WGS 84
Hydrographie (côtes, cours d’eau, lacs) GSHHG (Global, Self-consistent, Hierarchical, High-resolution, Geography Database)

Licence Creative Commons
Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

La Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale

La Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale

Après avoir annexé l’Autriche et dépecé la Tchécoslovaquie, l’Allemagne se tourne vers la Pologne. Comme dans les deux cas précédent, il s’agit d’effacer les effets des traités de paix mettant fin à la Première guerre mondiale. Ici aussi, l’Allemagne met en avant le principe des nationalités pour exiger le rattachement de territoires permettant de relier la Prusse orientale au reste de l’Allemagne. Cependant, le Royaume-Uni et la France ont changé d’attitude : les deux pays avaient pu accepter l’annexion de l’Autriche ou des régions germanophones de la Tchécoslovaquie au nom de ce principe, mais l’invasion de la Tchécoslovaquie en mars 1939 et la constitution d’une Bohème-Moravie « protégée » par le Reich allemand, au mépris du principe des nationalités et des engagements pris par Hitler, les avaient convaincu que l’Allemagne conduisait une politique d’expansion territoriale en s’abritant derrière des principes qui n’étaient que des prétextes.

Le pacte germano-sovétique, signé le 23 août 1939, laisse les mains libres à l’Allemagne à l’Est en lui garantissant la complicité passive de l’URSS. Le protocole secret prévoit le partage de la région en « zones d’influence » : la question du maintien d’un État polonais est laissée en suspens, mais l’objectif est de rayer la Pologne de la carte, dans les faits sinon dans le droit.

L’Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre 1939. La Ville libre de Dantzig est annexée dès le lendemain. Le 3, le Royaume-Uni puis la France déclarent la guerre à l’Allemagne, mais leur réaction est trop lente pour être utile à leur allié. Le 17 septembre, l’URSS envahit à son tour la Pologne, en se présentant en libérateur des populations ukrainienne et biélorusse persécutées par les Polonais. Les dernières opérations militaires prennent fin le 6 octobre.

Le 28 septembre, l’Allemagne et l’URSS délimitent leur nouvelle frontière et corrigent le pacte germano-soviétique. Dans la foulée, ils décident la cession de la région de Wilno (Vilnius en lituanien) à la Lituanie, tranchant en faveur de celle-ci le conflit qui l’opposait à la Pologne.

Dans un premier temps, l’Allemagne place le pays sous occupation militaire. Le 8 octobre 1939, les régions occupées sont annexées par l’Allemagne, ce qui permet de donner un contrôle total aux administrateurs civils chargés de la mise en œuvre de la politique nazie. L’ouest en directement annexé, tandis que dans le sud-ouest est créé en Gouvernorat général pour les territoires polonais occupés (le simplifié en Gouvernorat général en juillet 1940). L’idée est d’y entasser les Polonais avant de germaniser la région. Une occupation particulièrement dure commence pour ceux que les nazis considèrent comme des sous-hommes. Parmi les Polonais, les Juifs sont plus particulièrement touchés : la communauté juive polonaise, la première d’Europe avant la guerre, est détruite à 90%.

Dans le sud, la Slovaquie règle à son profit le litige frontalier polono-tchécoslovaque et récupère certains territoires conquis par la Pologne en 1938.

Dans la zone soviétique, des élections en novembre 1939 conduisent à la demande de rattachement à l’URSS — la partie nord à la République socialiste soviétique biélorusse, la partie sud à la République socialiste soviétique ukrainienne. La politique de soviétisation se traduit entre autres par la liquidation des élites polonaise, dont le massacre de Katyn (ordonné le 5 mars 1940) est l’aspect le plus dramatique.

Une réorganisation territoriale a lieu après l’invasion de l’URSS. Au sud, la Galicie orientale est intégrée au Gouvernorat général. Plus au nord, la région de Białystok (Belostok en russe) reçoit une administration civile spécifique qui l’intègre de fait à l’Allemagne. Le reste du territoire polonais d’avant-guerre est réparti entre deux structures civiles qui préfigurent l’organisation envisagée par l’Allemagne pour l’après-guerre : l’Ostland (pays baltes et Biélorussie) et l’Ukraine.

La Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale

Projection projection conique conforme de Lambert
Parallèles standard 49°20’N et 55°40’N
Datum WGS 84
Hydrographie (côtes, cours d’eau, lacs) GSHHG (Global, Self-consistent, Hierarchical, High-resolution, Geography Database)

Licence Creative Commons
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La Pologne au lendemain de la Première Guerre mondiale

La renaissance de la Pologne

La fin de la Première Guerre mondiale ne signifie pas l’arrêt des combats. Les peuples qui ont proclamé leur indépendance dans la dernière année du conflit ne vont pas attendre sans rien faire que la conférence de paix définisse les nouvelles frontières : sur les décombres des empires russe et austro-hongrois, des combats s’engagent pour fixer les limites des nouveaux États.

L’indépendance de la Pologne a été acquise au cours de la guerre. Différentes administrations polonaises sont proclamées à la fin du conflit, en particulier dans l’Autriche-Hongrie en décomposition : dans un empire multi-ethnique, l’enjeu est de s’imposer par rapport aux autres nationalités. La Pologne se retrouve ainsi en conflit avec la Tchécoslovaquie, en particulier pour le contrôle de la ville de Teschen (Cieszyn en polonais, Tešin en tchèque). Après une courte guerre au début de 1919, les grandes puissances tentent d’arbitrer le conflit, et un accord — qui ne satisfait personne — finit par être trouvé à l’été 1920. Il faut attendre le traité du 20 mai 1945 pour la résolution du conflit.

Le partage de la Galicie avec les Ukrainiens est l’autre source de conflit au sein de l’ancienne Autriche-Hongrie. Une République d’Ukraine occidentale a été proclamée à Lemberg (Lwów en polonais, Lviv en ukrainien) le 1er novembre 1918, mais les Polonais ont réussi à prendre le contrôle de la ville. L’Ukraine occidentale fusionne avec la République démocratique* ukrainienne, qui avait signé un traité avec les Puissances centrales pour garantir sa protection face à la Russie soviétique. Le 21 avril 1920, alors qu’elle a été envahie par la Russie soviétique, qui a installé une république soviétique ukrainienne, et que la conférence de paix refuse de reconnaître son existence, l’Ukraine signe une alliance avec la Pologne qui se traduit par la cession du territoire de l’Ukraine occidentale.

Le conflit avec la République démocratique biélorusse ne s’est jamais véritablement développé, car la jeune république a vite été chassée par la Russie soviétique, qui met en place une république soviétique biélorusse. En définitive, la question de la frontière orientale de la Pologne est tranchée par la guerre polono-soviétique, qui connaît des développement dramatiques en 1920 : l’armée polonaise entre à Kiev en mai avant de s’effondrer, et bientôt, c’est l’Armée rouge qui effraie l’Europe en se retrouvant aux portes de Varsovie au mois d’août, avant d’être repoussée à son tour. Le 18 mars 1921, le traité de Riga fixe la frontière entre la Pologne et ce qui va devenir l’URSS.

Les grandes puissances ont tenté d’arbitrer le conflit en proposant des lignes de démarcation s’efforçant de respecter les zones de peuplement, notamment avec la Ligne Curzon — du nom du ministre des Affaires étrangères britannique à l’origine d’une des propositions. Celle-ci a été rejeté par tous les belligérants avant de faire sa réapparition au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Avant les partages de la Pologne, Pologne et Lituanie formaient un État unifié. La Lituanie rejette les propositions d’union et entre en conflit avec la Pologne pour ses frontière, en particulier pour la ville de Vil’na (Vilnius en lituanien, Wilno en polonais), capitale historique de la Lituanie. Ici aussi, les grandes puissances tentent plusieurs médiations. L’accord de Suwałki (19 janvier 1922) est formellement accepté par les deux parties, mais une partie de l’armée polonaise se mutine sous l’égide du général Żeligowski et crée une République de Lituanie centrale qui, à l’issue d’un référendum, est rattachée à la Pologne. En réalité, la mutinerie n’en était pas une, et Lucjan Żeligowski obéissait aux ordres du chef de l’État polonais Józef Piłsudski.

Les Polonais vivant en Allemagne décident de ne pas attendre les traités de paix et se soulèvent en décembre 1918. Ils prennent rapidement le contrôle de la Grande Pologne. Le traité de Versailles cède la région ainsi que la Prusse occidentale à la Pologne.

Dans deux régions disputées, le sud de la Prusse orientale et la Haute-Silésie, le traité prévoit la tenue de référendums. Celui de Prusse orientale (juillet 1920) se traduit par une majorité écrasante en faveur du maintien en Allemagne. La situation est plus tendue en Haute-Silésie, secouée par trois soulèvements polonais en 1919 et 1921. Le plébiscite, tenu en mars 1921, débouche sur des résultats confus et, en octobre 1921, la région est divisée entre l’Allemagne et la Pologne sans que personne ne soit satisfait.

La Pologne au lendemain de la Première Guerre mondiale

* Officiellement Ukraïns’ka Narodnja Respublika (Українська Народня Республіка), littéralement République populaire ukrainienne. L’expression république populaire a, de nos jours, des connotations pro-soviétique alors que l’État est anti-soviétique. De plus, l’adjectif populaire renvoie à l’idée de souveraineté populaire et nationale, d’où parfois la traduction en république démocratique (à l’époque, l’adjectif est parfois utilisé dans la correspondance diplomatique en français).

Projection projection conique conforme de Lambert
Parallèles standard 49°20’N et 55°40’N
Datum WGS 84
Hydrographie (côtes, cours d’eau, lacs) GSHHG (Global, Self-consistent, Hierarchical, High-resolution, Geography Database)

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