catholicisme

Part de chrétiens dans le monde

Le christianisme dans le monde

Part de chrétiens dans le mondeLa représentation des religions à l’échelle mondiale est toujours problématique. J’ai ici choisi la solution de facilité en utilisant des statistiques par pays, même si la collecte des données n’est pas la même partout. Les chiffres servent plus à donner un ordre d’idées. Cette série comporte une carte générale, et quatre sur les grandes branches du christianisme.

Les dégradés de couleur indique la part des chrétiens dans la population. J’ai utilisé une couleur pour les pays à majorité chrétienne et une autre pour le reste. Pour les cartes détaillées, ça donne trois couleurs différentes : une lorsque l’Église représentée est majoritaire, une autre lorsqu’elle est minoritaire dans un pays à majorité chrétienne, une dernière lorsqu’elle minoritaire ailleurs. Je ne l’ai pas fait pour les chrétiens d’Orient car cela aurait inutilement compliqué les choses.

J’ai aussi indiqué quelques valeurs absolues, ce qui permet de montrer le(s) centre(s) de gravité du monde chrétien.

Pour la projection, j’ai repris la projection de Robinson en décalant le méridien central de manière à ne pas séparer la péninsule de Tchoukotka du reste de la Sibérie.

Projection : Projection de Robinson. Méridien central : 11°E.

Côtes, cours d’eau et lacs : Natural Earth.

Frontières :  Natural Earth.


Avec environ 2,4 milliards de fidèles, le christianisme est la première religion mondiale. La répartition des chrétiens dans le monde est le résultat de l’histoire du christianisme. L’Europe, cœur historique, reste importante même si poids relatif est en diminution. L’implantation sur le continent américain et aux Philippines est le résultat de la première colonisation. L’Afrique subsaharienne est convertie lors de la deuxième colonisation. À cela s’ajoute des minorités chrétiennes historiques (cf. infra la carte sur les chrétiens d’Orient) en Afrique et en Asie.

Les différentes Églises chrétiennes ont des répartitions spécifiques.

Part de catholiques dans le mondeLes catholiques (1,2 à 1,3 milliards) se trouvent essentiellement en Europe et en Amérique latin, ainsi qu’aux Philippines. Ils sont en situation minoritaires dans le monde protestant.

Part de protestants dans le mondeLes protestants (800 millions à 1 milliards) sont présentés ici en bloc malgré leur variété. Ils sont souvent en situation de minorité, ou en majorité relative (par exemple aux États-Unis).

Part d'orthodoxes dans le mondeLe monde orthodoxe (300 à 350 millions, dont la moitié relève du patriarcat de Moscou) est assez étanche et ramassé. La diffusion de l’orthodoxie hors de son foyer traditionnel est lié aux diasporas récentes.

Part de chrétiens d'Orient dans le mondeLes chrétiens d’Orient (environ 80 millions) sont le plus souvent minoritaires hors de leur foyer historique, sauf pour l’Église arménienne et l’Église éthiopienne. Il constituent des diasporas numériquement très importantes par rapport au lieu d’origine.

 


Ces cartes ont été élaborées comme support des cours et formations de l’Institut d’étude des religions et de la laïcité.

La carte sur le catholicisme a participé au #30DayMapChallenge 2021 (jour 12 : Data Challenge 2 – Natural Earth).

Licence Creative Commons
Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

La Réforme protestante en Europe

La Réforme protestante

La Réforme protestante en EuropeLa carte religieuse de l’Europe au moment de la Réforme est un classique. J’ai longtemps hésité à m’y attaquer en raison de la complexité des figurés : beaucoup de frontières, au tracé souvent tortueux, des imbrications, et surtout des changements.

J’ai choisi de faire des grands aplats pour les grandes familles de la Réforme protestante, avec des hachures pour les zones mixtes. J’ai choisi d’indiquer les Églises hussites parce que j’en parle dans mon cours, et parce que je voulais indiquer les régions reprises par la Réforme catholique. La catholicisme est donc présent trois fois : là où il s’est maintenu, là où il vacille, et là où il reprend du terrain.

Les différentes rencontres et accords de paix, ainsi que les lieux importants pour la diffusion de la Réforme, sont représentés.

Logiciels utilisés : QGIS pour la conception de la carte, Illustrator pour la mise en forme.

Projection : projection azimutale équivalente de Lambert. Centre : 50°N x 12°E.

Côtes, cours d’eau, lacs : GSHHG (Global, Self-consistent, Hierarchical, High-resolution, Geography Database).


Traditionnellement, la Réforme protestante commence le 31 octobre 1517, lorsque Martin Luther, un religieux de l’ordre des augustin, placarde 95 thèses sur la porte d’une église à Wittenberg. Le geste n’a rien de révolutionnaire : pendant tout le Moyen Âge, l’Église latine a régulièrement connu des réformes, dont la plus importante — mais pas la seule — est la Réforme grégorienne. Cependant, depuis le XIVe s., l’Église est plus rétive face à ceux qui proposent des changements en voulant revenir à ce qu’ils considèrent être le christianisme originel — car tel est le sens du mot réforme. De nombreux théologiens, parfois perçus comme des précurseurs de la Réforme protestante, sont ainsi condamnés pour hérésie, par exemple le Tchèque Jan Hus, dont les enseignement se diffusent en Bohème à l’occasion de la Réforme et d’un rejet des Habsbourgs.

Les propositions de Luther n’ont pas pour but de rompre avec le pape ou de créer quelque chose de nouveau, mais de revenir aux fondamentaux des sources de la foi, du Salut, des sacrements et de l’organisation de l’Église. Le pape Léon X ne veut rien entendre et excommunie Luther. L’empereur, Charles Quint, tente de réduire la progression des idées de Luther mais les efforts de conciliations ou d’interdiction échouent. Seule la paix d’Augsbourg (1555) permet d’établir un statu quo avec le principe cujus regio, ejus religio (telle région, telle religion) : le prince peut choisir la religion de ses États.

D’autres penseurs développent leurs conceptions d’une réforme de l’Église, mais sans se rattacher à la pensée de Luther. À Zurich, Ulrich Zwingli réforme l’Église de la ville. Son action est poursuivie par Jean Calvin à Genève. Les expériences helvétiques donnent naissance à l’Église réformée (dite calviniste). Malgré des tentatives de rapprochement (colloque de Marbourg en 1529), réformés et luthériens conservent leurs différences.

En France, le développement de la Réforme entraîne de nombreux remous. La régente, Catherine de Médicis, réunis des théologiens catholiques et protestants pour trouver une formule de compromis (colloque de Poissy en 1561) avant de promulguer un édit de tolérance (édit de Saint-Germain, 1562), mais la première guerre de religion éclate quelques semaines plus tard. En 1598, l’édit de Nantes met fin au conflit en accordant aux protestants la possibilité d’exercer leur culte dans des conditions particulières.

La troisième grande famille du protestantisme naît en Angleterre. Henri VIII est un opposant déterminé des idées des réformateurs, mais il entre en conflit avec le pape, qui refuse d’annuler son mariage avec Catherine d’Aragon, qui ne lui a pas donné de fils. En 1534, l’Église d’Angleterre (ou anglicane) se sépare de Rome. Il ne s’agit que d’un schisme : l’Église d’Angleterre reste catholique mais cesse de reconnaître l’autorité du pape, dont la fonction est assurée par le souverain. L’adoption de la Réforme est progressif, complexe et marqué de rebondissements, comme un bref retour dans le giron romain sous la reine Marie Ire entre 1553 et 1558. L’anglicanisme prend forme sous Elisabeth Ire avec l’adoption d’une théologie essentiellement protestante, mais le maintien de nombreux éléments catholiques.

L’idée d’une réforme de l’Église ne se limite pas aux milieux protestants. Un penseur comme Érasme accueille d’abord favorablement les idées de Luther avant d’en rejeter les développements théologiques. Ce qu’on a longtemps appelé Contre-Réforme en se limite donc pas au rejet de la réforme protestante, mais participe à une réflexion sur l’Église romaine, si bien qu’on parle de plus en plus de Réforme catholique. Le concile de Trente (1545-1563) réaffirme les points essentiels du christianisme romain : rôle des Écritures, des sacrements, des saints, du clergé, mais procède à d’importantes modifications liturgiques et réorganise la formation du clergé (création des séminaires).


Cette carte a été élaborée comme support des cours et formations de l’Institut d’étude des religions et de la laïcité.

Cette carte a participé au #30DayMapChallenge 2021 (jour 3 : polygones).

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