Les montagnes monastiques

Les montagnes monastiques

Une des originalités du monachisme de la chrétienté orthodoxe est l’existence de montagnes monastiques, c’est-à-dire d’un ensemble de monastères installés sur une montagne. Ici, la montagne est un substitut aux déserts où se retirèrent les pères fondateurs du monachisme et de l’érémitisme. Aujourd’hui, seuls subsistent les Météores et le mont Athos, tous deux en Grèce, mais le phénomène a été bien plus important au Moyen Âge. Systématiquement, ces montagnes ont été le lieu de retraite d’ermites ; la popularité de ceux-ci a conduit à la construction de monastères pour leurs disciples, jusqu’au développement d’un nouveau modèle de laure, un établissement qui combine monastère cénobitique, avec quelques ermitages dépendants pour les moines prêts à se retirer plus encore du monde.

Les deux plus anciennes montagnes sont le mont Saint-Auxence et l’Olympe de Bithynie, où des ermites sont attestés respectivement aux Ve et VIe siècles. Pendant la crise iconoclaste (730-787 et 814-843), ce sont des bastions de la vénération des images. Le mont Saint-Auxence est mentionné une dernière fois à la fin du XIIIe siècle, les derniers monastères de l’Olympe de Bithynie sont attestés au XIVe siècle.

Les IXe-XIe siècles voient un renouveau de ces montagnes monastiques. La moins connue (jusqu’à sa localisation exacte) est le mont Kyminas, qui a eu l’existence la plus brève : les premiers moines sont attestés au milieu du IXe s., et les mentions disparaissent à la fin du Xe siècle. La tradition veut que le Latros ait abrité des moines fuyant les invasions arabo-musulmanes au VIIe s., mais l’activité monastique n’y est véritablement attestée qu’à la fin du VIIIe s. et ne cesse de croître… et périclite à la fin du XIIIe siècle. C’est à la fin du Xe s. qu’est fondée la plus prestigieuse de ces montagnes monastiques, au point qu’on la qualifie de sainte montagne : le mont Athos. Peu après, au début du XIe s., le mont Galèsion commence à accueillir ses premiers ermites. Au XIIIe s., il semble ne plus y avoir qu’un monastère du Galèsion, qui connaît un certain rayonnement. Le Galèsion cesse toute activité avec la conquête turque au XIVe siècle.

La dernière de ces fondations a lieu au début du XIVe siècle : les Météores, dont le développement a été aidé par l’arrivée de moines de l’Athos fuyant les raids des pirates turcs dont les monastères athonites étaient victimes dans la deuxième moitié du XIVe siècle.

montagne monastiques de la chrétienté orthodoxe

Cette carte a été élaborée comme support des cours du soir de l’Institut européen en sciences des religions.

Projection Transverse universelle de Mercator, fuseau 35 nord
Datum WGS 84
Topographie ETOPO1
Hydrographie (côtes, cours d’eau, lacs) GSHHG (Global, Self-consistent, Hierarchical, High-resolution, Geography Database)

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